Mozart - 4ème partie - sa vie

Quant à la mère de Mozart, qui dit-on était d'une intelligence moyenne, mais son sens de l'ironie et son franc parler ont certainement favoriser chez Mozart son sens de la dérision.

 

 

Nous pourrions conclure sur la définition du génie par Mozart dans une de ses nombreuses correspondances :

 

 « Le vrai génie sans cœur est un non-sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensemble ne font le génie. Amour! Amour! Amour! Voilà l'âme du génie.»

 

IV - La vie de Mozart (résumé)

Je ne vais pas tenter ici de vous expliquer sa vie, d'autres biographes le feront certainement mieux que moi, ou moins bien, car puisque nous fêtons cette année le  250ème anniversaire de sa naissance, nous entendons parler de Mozart partout et les ouvrages relatant de la vie  de Mozart regorgent tant est si bien que l'on peut lire tout et n'importe quoi sur Mozart et sa vie.            

Tous les biographes de Mozart partent des mêmes ouvrages, des mêmes courriers, des mêmes partitions, mais, chose surprenante, personne n'à la même interprétation ! Et chacun y va de son interprétation : L'homéopathe à sa version, le médecin une autre, l'astrologue interprète autrement, le musicologue et le psychanalyste tente d'élucider le mystère. Et au final l'énigme « Mozart » n'est toujours pas résolue !

Mozart est un des rares compositeurs, de cette époque dont nous possédons le plus d'écrits, plus de 1000 lettres (21) qu'il écrivit à sa famille, ses parents, sa cousine et Constance. Certains courriers sont plus osés comme ceux échangés avec sa cousine et d'autres concernent plus les problèmes du quotidien, les repas, l'habillage … il écrit à constance «  qu'est ce que tu as fait de mon pantalon jaune ? »  Il notait tout ou presque.

La vie privée de Mozart est beaucoup moins riche en évènements que sa vie musicale, (véritable boulimique du travail)  et pourrait se résumer en quelques lignes si l'on ne tenait pas compte des divers lettres écrites de sa main racontant ses voyages et son quotidien.

Né à Salzbourg (Autriche actuelle),  territoire allemand à l'époque le 27 janvier 1756 (22), septième enfant de Léopold Mozart et de Anna Maria Pertl et deuxième enfants survivants après sa sœur aînée Marianne dite Nannerl répondant aux prénoms de Johannes -Chrysostomus-Wolfgang-Théophilus. Wolfgang et Gottlieb resteront les prénoms usuels de Mozart au détriment de Chrysostomus qui ne sera jamais porté. En 1770 seulement, lors des premiers voyages en Italie, apparaîtra le prénom le plus connu de Mozart d'Amadeo, qui est la traduction italienne de Gottlieb (23) Prénom qui donnera plus tard Amadeus, prénom sous la forme latine d'Amadeo.

Le jeune Mozart montre des dons particuliers pour la musique. Il joue aussi bien du piano-forte que du violon (instrument de son père) tout comme sa sœur, et étonne par sa capacité à improviser et à déchiffrer les partitions.  Son père décide alors que Salzbourg est trop petit et qu'il faut pour la renommée de son fils, faire des voyages dans toutes les cours d'Europe.  Ils partent donc dès 1762, Mozart est alors âgé de 6 ans. Mozart compose à cette époque quelques petites sonates pour clavecin et violon, une symphonie (1764) et son premier opéra bouffa, la finta Semplice (1768). Ils font un triomphe Il sera décoré par le pape de l'ordre de l'éperon d'or et nommé Konzertmaster par l'archevêque de Salzbourg en 1769.  En 1770 sur une commande il compose son premier opéra seria, Mithridate, Re di Ponte sui sera crée à Milan et qui assura à Mozart un succès international en tant que compositeur (24)

            Après sa 1ère tournée, Mozart revient à  Salzbourg, malgré le peu d'intérêt que manifeste le nouvel archevêque Colloredo pour sa musique, avec son accord, Léopold décide de commencer une seconde tournée en Europe, car il souhaitait avant tout pour son fils, une renommée en dehors des frontières allemandes afin de lui trouver un poste fixe dans une des nombreuses cours d'Europe. Main en vain … L'enfant Mozart attirait tout les regards puis… Plus Wolfgang grandissait moins ses talents artistiques étaient reconnus, ce qui était considéré extraordinaire pour un enfant de 6 ans ne l'était plus à 22 ans !

Lors d'un de ses nombreux voyages, Wolfgang fut attiré par Mannheim où il espérait être reconnu et tomba éperdument amoureux de la chanteuse Aloysia Weber. Ce fut un échec total, incompris et rejeté par l'arrogance de cette femme et des aristocrates de la ville, il retourne avec sa mère à Paris rejoindre son père. A Paris, il subit une nouvelle fois les coups du sort : Le décès de sa mère. Il vécu cela comme une profonde cassure, mais nous n'en retrouvons aucune trace dans ses compositions de l'époque, à l'exception d'une maturité musicale qui émerge. L'enfant a fait place à l'homme. En 1779 il regagne Salzbourg. Il commence à inventer un nouveau style particulier et exploite de nouveaux moyens musicaux. Le succès de son opéra Idoménée en 1781 lui fait obtenir les faveurs de la cours salzbourgeoise mais certaines conspirations l'obligent à quitter cette ville pour Vienne où il s'installe définitivement. Il épouse Constance Weber en 1782 contre la volonté de son père.

L'empereur d'Autriche, Joseph II, lui passe la commande d'un nouveau Singspiel. Mozart compose donc L'Enlèvement au Sérail en s'inspirant des conspirations salzbourgeoises qui étaient aussi en vigueur dans de nombreuses cours d'Europe à cette époque. Sa vie à Vienne était plus douce et tranquille et il bénéficiait d'un ami mécène, Baron van Swietten. Mais si Mozart gagnait bien sa vie, il dépensait énormément et le couple Mozart avait des difficultés financières, que Wolfgang essayait de combler en donnant des cours particuliers et des concerts privés.

 

 

 

Avec son librettiste Lorenzo Da Ponte, Mozart compose trois opéras qui témoignent de son talent, Les Noces de Figaro (1786), Don Juan (1787) et Cosi fan tutte (1790), mais le public viennois le boude. Mais est-ce vraiment les opéras de Mozart qui sont en cause ou Vienne qui ne peut aimer deux compositeurs : Mozart et Salieri ? Don Juan crée à Prague remporta plus de succès et incita l'empereur à lui commander un opéra seria la Clémence de Titus en 1791

 

Cette même année il commence, avec l'aide d'un ami franc-maçon, un nouveau  Singspiel sur un thème féerique : La Flûte enchantée.  Et l'on dit que cette même année un homme ou une femme (selon les ouvrages) vêtue de noir vint lui commander un requiem que son élève Franz Xaver Süssmayr (1766-1803) acheva car il mourut avant. Sa femme appela le médecin dans la nuit du 20 novembre. Des enflures aux mains et aux pieds laissaient supposer une affection rénale et son état s'aggrava rapidement, il mourut à Vienne dans l'indifférence de ses contemporains le 5 décembre 1791. Seul Joseph Haydn, passa la nuit de Noël à pleurer la mort de son jeune ami.

 

Mozart est mort jeune, mais cela ne l'a pas empêcher de devenir l'un des compositeurs les plus prolifiques et  le plus célèbre au monde.

 

Mozart  en quelques dates

 

27 janvier 1756 - Naissance à Salzbourg.
1761 - Premier concert public à l'université de Salzbourg.
1763 - Première tournée de concerts en Europe.
1781 - Installation à Vienne.
1782 - Epouse Constance. Création de L'Enlèvement au sérail, opéra en allemand.
1784 - Initiation à la loge maçonnique viennoise A la bienfaisance.
1786 - Première représentation des Noces de Figaro.
1787 - Création de Don Giovanni.
1790 - Création de Cosi fan tutte.
5 décembre 1791 - Décès de Mozart à Vienne.

La mort de Mozart : Une légende fabriquée par les romantiques.

Tout est légende autour de Mozart, et encore plus sa mort. Tout a été écrit à ce sujet. Il nous faut revenir sur certaines idées communément admises. Beaucoup de témoignages racontent que Mozart est mort  seul, abandonné de tous et jeté dans une fausse commune.

Faux et archi faux !! C'est oublié trop vite l'époque, et l'époque romantique qui lui a succédé. En effet, des historiens ont retrouvé dans les papiers de Beethoven une image d'un corbillard noir suivi par un chien, seul ami fidèle. Et c'est cette image de la fin de Mozart qui a été véhiculé jusqu'à nos jours : Ce corbillard suivi par son chien, seul ami fidèle, dans le but d'émouvoir le public et d'entretenir une fois de plus la légende. C'étaient les valeurs du romantisme. En fait il n'en est rien ! Constance n'était pas à son enterrement, pour la simple raison qu'elle était alitée et malade. A l'époque où Mozart est mort, les corps, par soucis d'hygiène public étaient enterrés à l'extérieur de la ville sur ordre de l'empereur et entreposés dans des caveaux communs. C'est pourquoi, Mozart étant mort d'une maladie des reins, il fut enterré à l'extérieur de la ville et dans des caveaux communs (16 personnes, par rangée de quatre corps sur quatre et retourné tous les dix ans) et non jeté dans une fosse commune. Mais le fossoyeur qui avait enterré Mozart en 1791 a soit disant récupérer son corps en 1801.

Mais sa messe eu bien lieu, à la cathédrale avec ses amis et même Salieri. L'année de sa mort est aussi l'année de la déclaration des droits de l'homme.

 

L'homme Mozart 

Mozart se définit lui-même dans une de ses nombreuses lettres à son père : 

« Papa chéri, je ne puis écrire en vers, je ne suis pas poète. Je ne puis distribuer les phrases assez artistement pour leur faire produire des ombres et des lumières, je ne suis pas peintre. Je ne puis non plus exprimer par des signes et une pantomime mes sentiments et mes pensées, je ne suis pas danseur. Mais je le puis par les sons : je suis musicien."

Mozart n'était pas beau, mais se dégageait de lui une forte sensualité, il était rapide d'un esprit neuronal. Nous avons beaucoup de portraits de Mozart, mais nous ne savons pas s'ils représentent véritablement Mozart. Les témoignages des proches décrivent un enfant beau, et sa sœur disait de lui qu'il aurait été beau s'il n'avait pas été défiguré par la variole qu'il avait eue en 1767. En 1770 Hasse (compositeur) décrivait Mozart comme un garçon "beau, vif, gracieux et plein de bonnes manières; il est difficile de s'empêcher de l'aimer lorsqu'on le connaît". De tous les portraits de Mozart existant, Blanchet, Barbara Kraft, Lange (beau-frère de Mozart) resté inachevé etc.…les plus ressemblant, paraît-il seraient ceux de Lange et Kraft. A l'époque la coutume voulait qu'un masque mortuaire du défunt soit réalisé, mais il fut brisé par constance par mégarde.

Physiquement il n'était pas attirant, mais charmant, il est petit 1m66, maigre, pâle (l'époque) qui lui donnait l'air d'être toujours en mauvaise santé et doté d'une généreuse chevelure blonde qui faisait sa fierté. C'est l'époque des perruques, mais il préférait poudrer ses cheveux. Il avait de grands yeux cernés souvent par les longues nuits qu'il passait à composer. Il s'habillait à la mode de l'époque et aimait être bien vêtu, très coquet il portait les manchettes en dentelle, les gilets de brocard, les pièces d'étoffes soyeuses et bruissantes.

Adulte, Mozart avait gardé sa spontanéité qu'il avait enfant, Léopold trouvait cela charmant et laissait faire son fils, quelque fois au détriment de l'étiquette. En 1762, alors âgé de 6 ans, Mozart joua pour la première fois devant la cours de Vienne et après son jeu musical il se jeta au cou de l'impératrice et l'embrassa, ce qui ne manqua pas de choqué, mais qui amusa beaucoup l'impératrice.

Mozart était un bon vivant et fin gourmet, il adorait les asperges, la langue en sauce, il se plaignait souvent à sa mère que personne ne savait la faire aussi bien qu'elle. Outre les mets délicats il aimait aussi s'amuser et quelque fois se détendait avec des jeux de quilles, de billard (souvent avec ses élèves à la fin d'un cours) et quelques pas de danse.

Mozart érudit et cultivé, il pu apprendre, grâce à ses nombreux voyages, différentes langues comme l'anglais, le français et l'italien. Il s'exprimait et écrivait dans une des langues sans difficultés, il connaissait aussi le grec et le latin, ce qui lui permettait de déchiffrer des manuscrits avec aisance. N'oublions pas qu'avec toutes ses tournées, il restait peu de temps à Mozart pour apprendre toutes les matières enseignées à l'école et que c'est son père qui lui a tout enseigné, c'est pourquoi il privilégia la musique aux mathématiques ou à l'histoire par exemple…

Mozart était un grand travailleur, et l'on dit de lui que lorsqu'il était dans sa musique, rien ne pouvait le troubler et le détourner de son travail, sauf peut-être les animaux qu'il adorait. Mozart musicien est sérieux et grave, incroyablement mûre, mais dès qu'il ne jouait plus, il redevenait un enfant. Il gardera d'ailleurs même adulte ce comportement puéril. Les nombreuses lettres de sa sœur témoignent de ses amusements. Il aimait rire de tout et de rien et ses plaisanteries l'amusaient beaucoup, jeux de mots, blagues etc… Il avait un sens de la dérision, qu'il tenait de sa mère. Souvent décrit, à tord, dans le film « Amadeus » comme stupide, et grossier. Cela peut effectivement paraître stupide de rire de tout et de rien, mais n'était-il pas tout aussi stupide de prendre la vie trop au sérieux et de ne jamais rire de rien ? Grossier ? Ah ! Telle est la question par rapport à quoi et à qui ? Nous ne vivons pas dans la même époque ! Et le marquis de Sade n'était-il pas grossier et choquant ?

Son rire ? Oui effectivement d'après ceux qui l'ont bien connu, comme ses proches, Mozart riait de façon surprenante, voir choquante. Fallait-il donc qu'un génie eût un rire en adéquation avec son personnage ? Stylé et musical ? Parmi tant de talent ne fallait-il pas laissé aux détracteurs de Mozart quelque chose à raconter ? Cela le rend plus humain, moins divin, et rassurant aux yeux de certains.

Laurent Dutsh a qualifié Mozart de « Peter Pan », je pense que cela ne lui va pas si mal. Personnage gai et refusant de grandir. A la fois audacieux et impertinent.

Malgré les nombreux écrits sur Mozart, sa vie, son, œuvre, ses joies, ses peines, il reste souvent mal jugé. Car nous partons avec des a priori, ses légendes sources du mythe qu'il est devenu. On a fait de lui un personnage romantique, comme l'image du cercueil, du Don Juan… Au 20ème siècle, ses lettres dites obscènes écrites à sa cousine sont traduites, et là Monsieur Mozart devient démoniaque. Mais le contexte, encore une fois ! Replaçons les évènements dans leur époque. En effet à cette époque il n'y avait rien de choquant à ses écrits.

Nous sommes plus libres et moins pudique à la nôtre mais il ne viendrait à l'esprit de personne de finir nos courriers par « je te baise mille fois ton petit cul », ce que disait la maman de Mozart à son fils chéri. Nous pourrions penser que la famille était bizarre, voir grossière, pourtant des courriers d'autres personnages de l'époque témoignent, eux aussi, de  la même grossièreté comme celle de la duchesse d'Orléans, écrivant à l'électrice du Hanovre : « Vous êtes bien heureuse d'aller chier quand vous voulez ; chiez donc tout votre chien de soûl. Nous n'en sommes pas de même ici, je suis obligée de garder mon étron pour le soir… »  Et la lettre continue de plus belle sur les problèmes intestinaux de la duchesse…époque bizarre, on ne montre pas ses chevilles ni ses mollets, mais on explique en long et en large ses problèmes intestinaux. Les lettres de Mozart nous paraissent déjà beaucoup moins grossières. Sachant que l'électrice de Hanovre à la duchesse d'Orléans répondit ce qui suit : « C'est un plaisant raisonnement de merde que celui que vous faites sur le sujet de chier… » Et la lettre est de cinq pages !

Donc voici Mozart reconsidéré avec ses écrits : « Excusez ma vilaine écriture, la plume est déjà vieille, mais il y a bientôt 22 ans que je chie par le même trou et il n'est même pas encore déchiré, tous les jours je chie dedans et mord la crotte à belles dents".

…une lettre à sa cousine :

Salsbourg le 10 Mai 1779, Très chère, très bonne,
      Très belle, très aimable,
      Très séduisante,
      Par un indigne cousin
      Poussée à bout,
      Petite Basse
      Ou petit violoncelle
      Souffle moi dans le derrière,
      C'est bon,
      Ca fait du bien !

Il tenait son humour de sa mère: Voici un exemple de lettre envoyée par sa mère à Léopold : « Porte toi bien mon amour et pousse toi le cul dans la bouche. Je te souhaite un bonne nuit mon mari, mais d'abord chie au lit et que ça pète".

On ne riait pas des mêmes choses il y a 200 ans !!

Mais si Mozart pouvait être grossier dans ses correspondances, il s'en amusait et savait parler correctement et nous ne retrouvons rien de grossier dans sa musique, qui est pure, intelligente et raisonnée. Il a su profiter de la vie, peut-être savait-il que sa vie serait courte et qu'il fallait la savourer. Malgré toutes ses misères, ses nombreuses maladies, ses cabales musicales avec Salieri,  ses problèmes financiers (25), Mozart a eu une vie heureuse.

Il avait été admiré depuis sa toute jeune enfance, c'est pourquoi il avait gardé adulte ce besoin presque vitale d'être admiré, d'avoir un public attentionné autour de lui. Enfant il demandait souvent «  M'aimez vous, m'aimez vous vraiment ? ». Il avait besoin d'avoir aussi à son écoute pianistique des gens qui comprenaient sa musique : «  Donnez-moi le meilleur piano d'Europe, mais pour m'écouter, des gens qui ne comprennent rien ou qui ne veulent rien comprendre, et qui ne ressentent pas avec moi ce que je joue, alors je perdrai toute ma joie ».

Il n'a jamais éprouvé de trac, il aimait jouer et se sentait bien en jouant. Il était conscient de son génie et trouvait sa musique parfaite, « la modestie » ne faisait pas partie de son vocabulaire.  Mais est-il possible d'humilité quand on sait qu'il pouvait composer en cinq jours une symphonie alors que d'autres compositeurs terminaient la leur péniblement en plusieurs mois ? Il est bien évident que lorsque l'on s'appelle Wolfgang Gottlieb Mozart, et que l'on est reçu dans toutes les grandes cours d'Europe et admiré, on ne supporte pas la médiocrité !  Et quand ses œuvres sont mal interprétés par un orchestre il le faisait savoir : « Ils croient ainsi que ça leur donne du feu ; oui quand il n'y a pas de feu dans une composition, ce n'est pas en la jouant au galop qu'on lui en donne ! »

Mozart et ses amis

Il avait peu d'admiration pour les compositeurs de son époque sauf pour J.C. Bach, Gluck (1714-1787) dont il admirait l'opéra Orphée et Eurydice et surtout son ami Joseph Haydn qu'il considérait comme un très grand compositeur et qui se substituera à son père à la mort de ce dernier en l'appelant « papa ».

(25)Mozart a gagné beaucoup d'argent, en moyenne 300 000 euros par an en conversion, mais il était joueur et dépensait beaucoup d'argent car il n'en avait pas la notion.

L'amitié était sacrée chez Mozart, il était très généreux, parfois de manière excessive. Par exemple comme il composait assez vite, il lui arrivait de donner une de ses compositions à Michael Haydn (frère de joseph) pour qu'il puisse honorer ses commandes auprès de Coloredo. Trop naïf il sera souvent abuser.

Mozart et ses maladies

Comme toute la vie de Mozart est écrite, nous connaissons tous de sa vie, de ses voyages, de ses amours et aussi de ses maladies. Mozart avait une petite santé. Toujours en voyages, dormant peu, travaillant beaucoup, sans cesse en concerts, pas vraiment le temps de se reposer, il attrapait souvent quelques choses et il souffrait même de maux chroniques … D'après le biographe H.C Robbins Landon, Mozart souffrait de graves maladies dès l'âge de 6 ans, il avait contracté une affection streptococcique, puis il avait des crises de rhumatisme articulaire aigu. En 1765 une fièvre de typhoïde le plonge dans un coma. En 1766 une nouvelle crise rhumatismale l'handicape puis la variole en 1767, en 1771 une hépatite…en 1781 streptocoque… une fois installé à Vienne les maux sont toujours là et il souffre de coliques et de vomissements répétés. Peter Davies explique dans son livre Mozart's illness and death (1984) que Mozart souffrait d'un syndrome de Schönlein-Henoch, néfaste à ses reins. Et le médicament de l'époque restant bien entendu la saignée ! Mozart était conscient de son état et était même fataliste, une lettre écrite à son père en témoigne « Je ne mets jamais au lit sans me rappeler que peut-être - si jeune que je sois- le lendemain je ne serai plus."

Mozart empoisonné ?

Encore un mythe ! Tout chez Mozart est légende et mythe, tellement ancré dans le collectif qu'il est parfois difficile de distinguer la légende de la réalité. Après l'époque classique, le romantisme à façonné le mythe Mozart et l'image d'un artiste, d'un génie tel que Mozart se devait d'avoir été maudit, foudroyé en pleine jeunesse, victime de l'indifférence de ses contemporains et de ses proches… Et encore mieux la malveillance d'un faux ami ! Antonio Salieri (26) était l'homme idéal, compositeur, brillant musicien italien, musicien attitré de la scène lyrique viennoise, dont Mozart rêvait d'avoir la place. Donc deux rivaux pour la même cour, le même poste, la même notoriété ! Un de trop ! Et pourtant les deux hommes se croisent à Vienne et nous ne retrouvons aucune trace dans les correspondances de Mozart d'animosité entre eux deux. Salieri assista aux funérailles de Mozart et était même aller visiter le malade début décembre 1791.

Comme Mozart souffrait beaucoup et répétait à Constance dans ses nombreux délires, qu'il avait était empoisonné, tous les regards se sont bien évidemment tournés vers Salieri. Des rumeurs d'assassinat se sont vite répandues après la  mort de Mozart, mais Salieri ne fut pas soupçonné, c'est lui même qui, à la fin de sa vie, alors hospitalité à Vienne, en 1823 avoua être l'auteur de l'assassinat de Mozart.

Mais de nombreux spécialistes disent que c'est faux. Dans les deux derniers mois de sa vie, Mozart souffrait beaucoup de ses reins et il pensait l'époque étant une époque de suspicion, il ne pouvait mourir de maladie, mais d'empoisonnement.

Sa belle- sœur, Sophie, prétendait dans ses mémoires que Mozart n'avait pas été soigné correctement et qu'il aurait pu vivre encore longtemps.

Judicieuse remarque, car les saignées ne soignait pas ! !« Au lieu de calmer sa fièvre, on lui a fait plusieurs saignées, qui n'eurent pour effet que l'affaiblir davantage. Il tomba sans connaissance et n'en revint pas. Durant sa grave maladie, il ne fut jamais impatient et enfin son ouïe fine et sa sensibilité n'étaient agacées que par le chant du dernier canari qu'il possédait et qu'il aimait. Il fallut l'éloigner dans la chambre voisine car il criait trop fort. Malgré les enflures de ses mains et cette fièvre forte, Wolfgang ne s'est jamais rien, il regrettait de n'avoir pu jouir de son succès, et de laisser sa femme et ses deux enfants. Il tenait à finir le requiem pour leur assurer une bonne rente, certain de la force de cette ultime œuvre. Il était bon et l'on ne pouvait rien faire d'autre que l'aimer. »

Lorsque Constance se décida à publier les mémoires de Wolfgang et sera aidé par son second mari, Georg Nikolaus Nissen, et elle disait que Mozart était atteint de confusion mentale, c'est pourquoi dans ses délires il affirmait qu'on l'empoisonnait. A ce moment là il compose son unique requiem et que la plupart des compositeurs le font peu de temps avant leur mort, il s'imagine tout de suite qu'il prépare son propre enterrement. L'acte de décès de Mozart fait mention de "fièvre militaire aiguë". Et les raisons de sa mort sont à ce jours encore incertaines, certains spécialistes évoquent une endocardite infectieuse, une fièvre rhumatismale terrible, une crise d'urémie, une épidémie de streptococcie,  une intoxication alimentaire... mais nous pouvons avancer sans trop nous tromper qu'il est mort d'une maladie, ou d'une association de maladies mal soignées.

 

Mozart libertin – Mozart et les femmes

Mozart avait une  réputation de libertin : mythe ou réalité ? Mozart aimait profondément Constance mais il était don juan dans sa tête et rien dans ses écrits ne prouvent  les liaisons qu'on lui prête! Il y a bien dans les courriers de Mozart des correspondances coquines avec d'autres jeunes femmes, mais était-ce juste des mots couchés sur le papier ou bien des amourettes ?  De toute manière, toute sa tendresse et son amour est dirigé vers Constance lorsqu'il lui écrit : "mon petit oiseau est si gonflé d'impatience qu'il est presque monté sur la table".

 

Voici une des lettres écrite à son père le 25 juillet 1781 : « Je badine, je fais des plaisanteries avec elles, quand il m'en reste le temps [...], et c'est tout. Si je devais épouser toutes celles avec qui j'ai plaisanté, j'aurais bien deux cent femmes ».

Mozart aimait les femmes, même s'il n'était pas beau, tout boutonneux plein de pustules. Il a même dédié quelques unes de ses œuvres aux femmes, comme par exemple le quatuor des sœurs Weber. Il composa en 1785 la Sonate, K.457 et la Fantaisie, K.475 qu'il dédia aussi à Theresa von Trattner, la personne qui hébergea sous son toit la famille Mozart de 1783 à 1785 et avec laquelle Mozart a entretenu des relations.

Les femmes le distrayaient. Il peut les dépeindre douce ou audacieuse et parfois les critiquer ouvertement. Comme dans cosi von tutte ou tout le monde trompe tout le monde ! Leçon amer et sévère de la société. Le faire des compliments douteux, «  elle est belle comme une armoire » disait-il d'une cantatrice ! C'était aussi l'époque du marivaudage et d'une vie d'amour léger. Mais encore une fois aucune preuve d'adultère.

Mozart était charmant et charmeur, et dès l'âge de cinq ans il dit à Marie-Antoinette (futur reine de France), à peine plus âgée que lui, qui l'aida à se relever de sa chute" Vous êtes si bonne, quand je serai grand, je vous épouserai " mais le destin de de notre reine de France fut tout autre !

Mozart aime surtout les femmes qui sont le contraste de sa propre mère : Joyeuses, coquettes…Mais son grand amour lui brisa le cœur. Profondément amoureux d'Aaloysia, il sera marqué à vie par cette femme arriviste et sournoise. Dans ses opéras, Mozart met sa vision de l'amour, de l'amitié et de la fraternité. Lorsque Mozart met en scène la femme amoureuse dans ses opéras, il la met systématiquement en position dominante, elle a la complète maîtrise de ses sentiments : là où les hommes peuvent hésiter, elles n'hésitent jamais (ex : air de Air de Suzanna, 4ème acte, Le Nozze di Figaro lorsqu'elle chante son amour pour figaro ou autre exemple dans Die Zauberflöte, l'air de Air de Pamina, 2ème acte, ellle se sent délaissé, et pourtant reste maître de son cœur)

 

Mozart : l'esprit rebelle

 

Mozart supportait très mal d'être exploité comme un serviteur de la cour, car pour lui un musicien était un être supérieur. (27). Chaque cour à son ou ses musiciens, compositeurs et commande des œuvres. Le musicien se doit de répondre au plus vite à ces commandes royales sous peine de sanction. Bach fut emprisonné pour avoir pris un congé non autorisé (28). Au début, de sa jeune carrière, à Salzbourg, Mozart dépend du prince Sigismond von Schrattenbach puis à sa mort le  prince archevêque Hieronymus Joseph Franz de Paula, comte de Colloredo, lui succède en 1771. Les relations sont cordiales, au début, Mozart compose même l'œuvre d'intronisation. Il lui accorde même un congé pour crée son opéra Lucio Silla à Milan. Même s'il commande des œuvres à Mozart, ce dernier n'accepte pas d'être reçu à la table des grands rois de France et d'Europe et de manger à la table des domestiques. Mozart, toujours en quête de son poste fixe, entame une tournée avec son père, mais Colloredo met son veto sur leur départ, alors Mozart démissionne en septembre 1777.

 

 

Mozart thérapie ?

 

Il paraît que Mozart aurait un effet bénéfique sur les enfants, sur les maladies, sur la longévité… en fait Mozart est le remède idéal sauf qu'il n'est pas remboursé par la sécu !!

 

Je ne souhaite pas me faire l'amie du diable en disant que la  musique de Mozart n'est pas plus bénéfique que la musique de Brahms ou de Chopin. Car j'entends d'ici que l'on cri « haro sur le baudet » ! On parle de l'effet Mozart sur le enfants… certes les enfants préfèrent Mozart car il est plus accessible (mais encore pas tous les enfants !). Ces petites piécettes sont amusantes comme «  la tartine de beurre » avec ses gammes ascendantes et descendantes en glissandi. Mais j'aimerais que l'on m'explique alors pourquoi Mozart est mort si jeune et dans d'atroces souffrances s'il possédait en lui le remède à sa guérison : Sa musique. Et toute sa vie il fut malade, pourtant sa musique il l'entendait, et souvent !!!

 

Il existe bien évidemment des centres de musicothérapie où ils utilisent la musique de Mozart pour soigner certains maux. Ils ne garde que les sons aigues (car les sons aigues rechargent plus), alors c'est déjà plus la même musique s'il n'y a pas tous les sons !  En 60 heures vous avez perdu votre émotivité, et alléger considérablement votre porte monnaie !

 

Mythe ou réalité, à vous de juger !

Mozart de nos jours

Mars 2008

"Un rare portrait de Mozart adulte a été authentifié par un expert britannique du King's College de Londres, à la mi-mars
Ce tableau (huile 35cm sur 48), sur lequel on peut voir le musicien de profil, a été présenté par l'université anglaise comme la plus importante découverte du genre depuis la mort du compositeur en 1791"

http://musique.france2.fr/musique-classique/info/41168777-fr.php

 Index :

(21) 1200 lettres recensées de 1755 à 1791 et environ 400 après 1791- correspondances famille Mozart + environ 400 manuscrits autographes de partitions de Mozart parfaitement conservés !

(22) en 1756 année de naissance de Mozart Haydn à 24 ans, Rameau 73 ans, Voltaire 62 ans, Haendel 71 ans et J.S. Bach est mort depuis 6 ans. C'est aussi en 1756 que débute la guerre de 7 ans. Essais sur les mœurs de Voltaire …

(23) Aimé de dieu, lieben étant le verbe aimer en allemand et Gott celui de Dieu

 (24) souvenez vous que l'opéra à cette époque est le passage obligé de tout bon compositeur.

(25)Mozart a gagné beaucoup d'argent, en moyenne 300 000 euros par an en conversion, mais il était joueur et dépensait beaucoup d'argent car il n'en avait pas la notion.(26) 1750-1825

(27) chapitre I synopsis Mozart un génie ?

(28) Synopsis Premier prélude de Bach

 

 



Article ajouté le 2008-06-04 , consulté 402 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Les grands composireurs "

Retour aux articles



Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever